
Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Reste du monde
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Retraité Traître à son sang ![]() ![]() 5e année
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Titre : Re : exile.
Créé : 08/12/2025 à 00:25:04 NATACHA · Les Lighters... Un murmure en guise de réponse à une question empressée, voilà tout ce que Natacha se sentait prête à donner. Elle avait marché à pas puissants dans le froid norvégien, les doigts élégamment serrés autour de sa baguette, surveillant du regard celle qui la devançait de quelques pas ; sa femme, qui lui offrait son dos, en toute vulnérabilité – cette ennemie, qui avait pris possession de ce corps, comme pour le laver de tous leurs baisers. En se rapprochant de la villa, une intuition pernicieuse avait commencé à s'emparer d'elle. La silhouette de ces toits connus, autrefois dessinés, schématisés dans des plans aujourd'hui enterrés, n'avait fait que confirmer le fait que cette excursion était une mauvaise idée. Qui était cette Camille, dont le premier instinct était de fuir chez les Lighters, de se rendre dans cette maison maudite, dans ce lieu où le temps s'était arrêté, juste assez longtemps pour les traumatiser ? Mais son pas ne s'affaiblissait pas ; sans doute était-ce que sa curiosité était trop grande. Que s'était-il passé là, dans l'autre monde ? Pourquoi cette Camille se rendait-elle là ? La flamme de l'inconnu la brûlait. Elle devait trouver des réponses dans cette étrange apparition, donner un sens à cette irruption dans son quotidien, le jour où tout aurait dû être parfait. Car cette rayure dans le cadre parfait de leurs vies, elles ne l'avaient pas prédit – c'était un inconnu, un vrai ; un bouleversement que le temps lui avait caché. Il devait y avoir une raison, derrière tout cela. Pourquoi était-elle venue là, si elle détestait l'idylle qu'elles avaient créée ? Pourquoi aujourd'hui, pourquoi maintenant ? Il fallut attendre que les mains de Camille s'affaissent sur ses tempes pour qu'enfin, la façade difficilement préservée de Natacha s'effondre, en un geste protecteur, alors que ses mains se posaient, l'air inquiet, sur les épaules de sa femme. NATACHA · Птичка… Ces mots avaient la rapidité d'un réflexe, d'un amour qui ne savait pas écouter la raison. Ce n'était pas Camille, ce n'était pas sa femme. Et pourtant… Pourtant, elle connaissait ce geste, elle connaissait ces ridules de douleurs, elle connaissait tout de ce corps, et elle l'aimait. D'un bref geste, elle transforma un vieux vase laid en fiole, remplie d'un liquide noir, qu'elle tendit délicatement à ce corps inconnu. NATACHA · Prends ça. C'est encore les voix ?... Encore. Elle en disait trop. Elle en savait trop. Elle savait tout de cette femme, et elle ne savait rien à propos d'elle. En cet instant, sa Camille lui manquait terriblement. Elle aurait aimé serrer plus cette taille, sentir ce visage contre sa peau, effacer tous les maux la hantant d'un seul geste. Mais elle osait à peine aller plus loin que ce contact, déjà indécent. L'amour qui battait en elle était inapproprié ; elle aurait tant donné pour retrouver sa bien-aimée. Maladroitement, elle lâcha l'inconnue, et rattrapa le cadre. Les cheveux blonds, les traits de vélane. Elle connaissait cette jeune fille. Elle l'avait vu des milliers de fois, à travers des souvenirs de pensines. Et des milliers de fois, elle s'était demandé : comment les choses auraient-elles pu changer ? NATACHA · Je suis désolée… Ta fille n'est pas là. Elle n'était pas là, tout comme elle était nulle part à la fois. Perdue dans un tourbillon d'éclairs. Les souvenirs, tant consultés par Natacha, n'étaient pas les siens, et pourtant, la douleur de sa femme avait été telle qu'ils la frappaient, violemment. Elle aussi, elle reposa le cadre, ferma les yeux, pour n'y retrouver des images que plus violentes. Les larmes de Camille. Sa baguette à elle, contre la tempe de Faith. Les souvenirs, méticuleusement étiquetés, rangés, d'un geste chirurgical, inhumain. L'idylle après le drame. La plaie béante à jamais gravée dans la peau de leur famille. Camille pouvait-elle seulement comprendre ? NATACHA · C'était une nuit d'hiver… Faith avait disparu, j'avais une mauvaise intuition… Tu m'avais dit de rester avec Caitlyn et Oryæ. Non, ce n'était pas cela la question. Il fallait remonter avant, bien avant. Les Lighters… Leurs plus grands ennemis, ceux qu'elles avaient tant combattus. Ceux qu'elles avaient vaincus. NATACHA · Nous détestions les Lighters, évidemment. Nous méprisions tout ce qu'ils faisaient. Nous avions établi des plans, des stratégies. Nous allions les vaincre. Nous étions plus puissantes qu'eux, nous connaissions leurs faiblesses… Oui, notre plan était parfait. Parfait, mais pas assez. Il y avait une chose, une, qu'elles n'avaient pas imaginée. Et cette chose les avait dévorées. NATACHA · Nous étions censées… Peu importe. Nous étions plus puissantes, ils ont été plus rapides. Un soir, ils ont capturé Faith. Elle était partie faire des courses pour Noël, t'acheter un cadeau et… L'inhumanité avait gagné. Faith s'était retrouvée plongée dans cette cuve de poison… Elle entendait encore la douce voix de sa fille supplier sa mère de l'achever. Et, autour d'elle, d'autres cuves, remplies de la même manière. Chacune d'entre elle était ornée d'une plaque de bronze ; « Vélane », « Troisième œil », « Vampire » disaient-elles. Dès que Camille était rentrée dans la pièce, un poison couleur de glace avait commencé à remplir les cuves, simultanément. C'était une drogue nouvelle, à la composition inconnue – une substance plus puissante encore que le Collyre et le sel d'écaille réunis. Les adolescents enfermés avaient commencé à hurler à la mort. Les hurlements étaient déchirants, d'une cruauté telle qu'aucun humain n'aurait pu l'imaginer. Mais malgré toute leur violence, ces cris n'étaient pas assez forts pour cacher le rire d'Aurore, qui se réjouissait d'ainsi avoir piégé son ennemi. Camille Dubois lui était livrée sur un plateau d'argent. Tout ce qu'il avait fallu faire, c'était kidnapper sa fille. Encore deux enfants, et cette idiote de Tchaïviev serait à elle également... Ces pensées, la Légilimens les avait entendues – évidemment. Les éclairs avaient fusé. Un éclair vert avait achevé le combat, laissant Aurore pour morte dans son propre laboratoire. Mais trop de temps s'était écoulé. Même avec toute la magie du monde, Camille n'avait le temps de sauver qu'un seul enfant. NATACHA · Tu… Enfin, Camille… Elle a fait ce qu'il fallait pour sauver notre famille. Cela impliquait des sacrifices. Cinq, pour être exact. Cinq jeunes adultes, d'âges et de dons différents, dont elles n'avaient jamais retrouvé de noms. Cinq corps, qui avaient été rongés par le poison. Il avait fallu trois mois au corps de Faith pour se remettre des évènements, trois mois que Camille avait passés avec Oryæ, à concocter des potions, en quête du remède parfait. C'était comme ça que mère et fils s'étaient rapprochés. NATACHA · Faith nous a demandé d'effacer ses souvenirs… Elle sait ce qu'il s'est passé, elle sait où ils sont rangés. Mais elle ne pouvait plus vivre avec ces images... Et puis, la vie, peu à peu, s'était reconstruite. L'absence de Faith à Poudlard avait été cachée, son retard rattrapé par des cours particuliers de la part de ses mères. On avait enterré tout cela dans le passé – sauf quelques soirs, où, soudainement, les cris et le rire de glace revenaient hanter l'esprit de Camille. Où les deux épouses, dans le silence de leur lit, s'interrogeaient – pourquoi ? Qu'aurait-on pu changer ? NATACHA · Je suis désolée pour ta fille. Je ne savais pas qu'elle s'appelait Lyanna... C'était il y a quatre ans déjà. Afin de ne pas sombrer dans la folie, elles avaient cessé de chercher les identités des enfants disparus, et personne n'était venu les chercher. Alors, il avait fallu avancer. NATACHA · Mais Camille a fait ce qu'il fallait pour sa fille.
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Titre : Re : exile.
Créé : 10/12/2025 à 23:47:29
![]() ![]() C'est Camille Dubois, évidement.
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Retraité Traître à son sang ![]() ![]() 5e année
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Titre : Re : exile.
Créé : 21/12/2025 à 16:39:34 Elle était de retour, face à elle, contre elle – sa Camille, sa femme. Dès que la lumière avait changé dans le regard de son interlocutrice, la façade de Natacha disparu, laissant place à un sourire doux, une expression dépourvue de toute tension. Enfin, celle qu'elle aimait était là, dans ses bras. C'était tout ce qui comptait, tout ce qu'il lui fallait pour respirer à nouveau, pour détendre ses muscles, relâcher ses bras, qui n'avaient plus besoin d'être prêts au combat. Un soupir lui échappa, tandis qu'elle retrouvait les mains de Camille contre ses hanches. Quel soulagement. L'amour de sa vie était là, vivante, en sécurité. Peu importe ce qu'elle désirait, l'intruse ne serait plus là pour longtemps, elle reviendrait à sa sombre réalité, cesserait de corrompre et d'assombrir le petit paradis d'amour dans lequel elle vivait. Oubliant un instant ce qui venait de se passer, la russe laissa sa main glisser sur le col de sa bien aimée, la saluant d'une voix enamourée. NATACHA · Птичка... Déjà, les images de leurs retrouvailles s'imposaient à son corps, à son esprit. Vingt-cinq ans de mariage n'avaient en rien éteint l'amour qu'elle éprouvait pour Camille, et sa tendresse ne faisait que grandir pour cette femme qui, un jour, l'avait sauvée du plus sombre des destins. Lorsque l'impromptue visiteuse aurait été renvoyée chez elle, alors, plus rien ne serait là pour les empêcher de célébrer ce jour. Mais pour l'instant, il fallait lutter ; lutter en compagnie de sa plus fidèle alliée, lutter contre celle qui avait vu les horreurs de cet autre monde, de cet esprit fou qui venait les attaquer. Les yeux plongés dans ceux de celle qu'elle aimait, la troisième oeil enregistrait les informations qu'on lui donnait, prête à les réutiliser dès que le temps viendrait – pour trouver la force d'ainsi se battre avec une arme qu'elles ne connaissaient pas, cette couronne diabolique aux pierres magiques, elle elle ponctua la phrase de Camille d'un baiser, plongeant ses doigts dans la chevelure ébène de son amour juste le temps d'un instant, avant de reprendre leur conversation. Alors que déjà, elle sentait sa femme la quitter, et disparaître dans les brumes de l'esprit voleur qui l'avait emprisonnée, elle murmura, entre deux baisers pleins de fougue, un au-revoir qui n'en était pas vraiment un, une promesse de retrouvailles quasi instantanées. NATACHA · Ne t'inquiètes pas, птичка. Je ne la laisserai pas voler notre bonheur. Elle ne touchera pas une seconde de plus à notre réalité. Caitlyn est en sécurité. Caitlyn, leur trésor, leur fille ; celle qui n'existait nul part ailleurs que dans cette réalité. Elle était le fruit de leur amour, de leur puissance, l'évidence pour laquelle elles s'étaient battues et continueraient de se battre. Il n'y avait, dans ce monde, qu'une chose de plus précieuse que leur amour, et c'était cette petite fille au grand sourire, et à la joie si grande que jamais cette Autre ne pourrait l'éteindre. Mais déjà Camille partait, alors que les deux femmes échangeaient un dernier baiser – un énième, et pourtant, ce n'était toujours pas assez. Mais peu importe – Natacha se faisait repousser, par l'autre cette fois, et tandis qu'elle reculait d'un pas, une lueur rouge apparut entre ses doigts. L'une des pierres, qu'elle avait habilement volées lors de ses caresses, une pierre que la lumière frappait, prévenant déjà de la rupture à venir de l'espace-temps. NATACHA · Ne te fais pas trop d'illusions, Dubois. Tu as eu tes réponses. Le temps est venu pour toi de partir, c'est fini. En un coup de baguette, la lourde cape de Camille s'était retrouvée attirée à sa baguette, comme aimantée par un vif éclair doré, et, avec elle, la silhouette de la mage noire, dont le visage était maintenant dangereusement proche de la russe, qui retrouvait sur ses lèvres sombres un air qui se délectait déjà du pouvoir qu'elle possédait maintenant. NATACHA · Ne t'approche plus jamais de mes enfants. Ne t'approche plus jamais de ma famille. Et, se rapprochant encore, elle chuchota à son oreille une dernière phrase, si doucement que même les murs pouvaient à peine l'entendre. NATACHA · Rentre chez toi, et ne t'approche plus jamais de moi, Dubois. Et, d'un simple geste, elle lâcha la pierre, tel que lui avait expliqué sa bien aimé, et prononça l'incantation tandis qu'un nuage couleur de sang s'abattait sur les talons de l'intruse. Une, deux, trois secondes. Et voilà – le regard de Camille changea d'expression, en une transformation si minime que personne d'autre que celle qui se réveillait tous les jours à ses côtés aurait pu le remarquer. Mais elle, Natacha, l'avait remarqué. Elle avait vu cette complicité renaître au sein du regard glacial dans lequel elle aimait plonger. Et, en un geste, la russe fit en sorte de conclure le baiser qu'elles n'avaient jamais pu terminer. NATACHA · Bon anniversaire, моя птичка. Et, ainsi, en un seul geste, l'harmonie fut retrouvée. Du moins, dans cet univers-là...
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PJS de Maelle Winters |
Titre : Re : exile.
Créé : 12/01/2026 à 14:38:13
![]() ![]() C'est Camille Dubois, évidement.
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Retraité Traître à son sang ![]() ![]() 5e année
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Titre : Re : exile.
Créé : 12/01/2026 à 18:51:29 Au milieu des dossiers, documents et autres papiers à travers lesquels Camille découvrait, horrifiait, le sort qui lui était réservé dans ce nouveau monde, était négligemment posé un petit papier cartonné, paré de dorures et d'un blason violet et blanc. Le texte, élégamment imprimé, laissait peu de place à l'imagination :
Une enveloppe déchirée, négligemment jetée dans la corbeille à papier, arborait les mêmes couleurs, et révélait alors le nom du destinataire, Alexandre Dubois, ainsi que celui de l'expéditrice, Anastasia. ◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊
Le soir même, le public affluait au château Tchaïviev, situé au coeur de la Iamalie. Les robes avaient été taillées pour impressionner, les sourires entraînés pour briller ; chacun y allait de soi pour rire, attirer l'attention des plus puissants. Il fallait dire que cette réception était, parmi les sangs-pur russes, le moment de l'année à ne pas manquer : la famille Tchaïviev, qui, quelques décennies plus tôt, était destinée à s'éteindre, avait su renaître de ses flammes, et regagner son pouvoir au sein des cercles fermés de l'aristocratie. Le cerveau de cette ascension était là, au centre de la pièce – Anastasia Tchaïviev. Sans même dire un mot, tous les regards se portaient sur elle, son air distingué, son élégant silence qui en disait bien plus que tous les bavardages de ces contrées. D'un sourire accueillant, elle accueillait, un à un, ses invités, leur demandant comment allait leurs femmes, leurs maris, leurs enfants. Elle n'accordait jamais trop de temps à chacun, juste assez pour les saluer – et le mystère qui l'entourait, ainsi que la main nue qu'elle arborait encore, malgré les années, faisait rêver plus d'une dans cette grande assemblée. Sous les capes, les compliments fusaient, de la part de femmes envieuses ou amoureuses, et de tous ceux qui espéraient, au cours de cette soirée, tisser des liens plus profonds avec cette dame aux doigts de Midas. Un petit orchestre jouait un air joyeux, sans être trop dansant. La musique se promenait entre les invité, au même rythme que les elfes qui, serveurs de la soirée, apportaient des coupes d'hydromels à tous ceux qui le désiraient. Le buffet n'était pas encore servi mais de la cuisine émanait de douces odeurs, aux promesses plus larges que ce dont tous pouvaient rêver. La soirée était parfaite ; le temps était à la fête. Anastasia Tchaïviev était une hôte discrète – mais, lorsque l'hiver venait, elle savait recevoir un public si chaleureusement qu'on en oubliait le climat polaire qui les entourait. Dans un coin, une silhouette frêle paraissait s'excuser de sa présence même : contrairement à beaucoup, elle n'essayait pas de prendre la place centrale, et levait à peine le regard vers celle qui, pourtant, partageait son visage. C'était l'autre soeur, celle dont on savait tout aussi peu de choses ; son nom était Āliyoshka. Elle avait épousé, dès sa majorité, un incapable, dont le mariage n'était dû qu'à la puissance de ses parents. Il était là, à côté d'elle, accroché à son bras – un homme sans charisme au visage froid. Lui non plus, elle ne le regardait pas. Elle l'avait épousé pour sauver sa soeur d'un tel destin, sa soeur au grand coeur, celle qui savait aimer. Elle avait tenté de le fuir, avant de finir sa scolarité. Et puis, elle avait accepté. Des accords d'honneur liaient leur familles et, quoiqu'il arrive, il finirait par épouser une Tchaïviev, ou la famille serait ruinée. C'était ce qu'on lui avait dit, alors qu'elle n'avait que dix-sept ans. Et, ayant cessé de vouloir résister à son destin, et refusant de mettre en danger sa soeur à l'avenir si grand, elle avait fini par céder. Elle lui avait donné sept enfants. Cinq filles et deux garçons, chacun discutant ici et là, sept héritiers dont les visages avaient, pour la plupart, récupéré les traits de la famille fortunée. Ils étaient grands, maintenant, et elle avait passé l'âge d'enfanter – à vrai dire, maintenant, elle ne servait plus à grand chose. La cadette était sur le point de finir ses études, et, de ce fait, son rôle de mère était bientôt périmé. C'était ce qu'il lui disait, tout le temps. Ce qui lui répétait, dans les silences comme dans les discussions. Il n'avait même plus besoin de le dire, à vrai dire – elle le savait. Elle n'était plus que sa femme, un joli objet, parfait pour ce genre d'occasions lors desquelles, pourtant, personne ne semblait remarquer qu'elle brillait. Mais brillait-elle encore ? Elle se sentait ternie, dans son âme comme dans son visage. Cette réception n'était qu'un triste moment à passer, et, comme toujours, personne ne la remarquerait. Elle reviendrait chez elle, dans ses appartements et, peut-être que demain, sa soeur reviendrait, lui demanderait son avis sur une question ou deux. Mais au fond, elle le sentait bien – avec les années, son esprit dépérissait. Elle avait pu aider, fut un temps, à l'ascension de sa famille. Mais aujourd'hui, elle peinait encore à se concentrer. Elle n'était plus personne, elle s'était sacrifiée – ses bras pleins de marques, par enchantement cachées, étaient là pour en témoigner, lorsque la nuit, elle consultait son reflet.
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Directrice adjointe Formatrice Bienfaitrice du WHP ![]() ![]() Adulte
PJS de Maelle Winters |
Titre : Re : exile.
Créé : 12/01/2026 à 21:34:13
![]() ![]() C'est Camille Dubois, évidement.
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Retraité Traître à son sang ![]() ![]() 5e année
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Titre : Re : exile.
Créé : 12/01/2026 à 23:54:47 - Modifié : 13/01/2026 à 00:03:13 Jamais une foule n'avait autant eu ses yeux rivés sur Āliyoshka. Elle se sentait mise à nu par cette femme, cette inconnue qui, en un éclair, avait sifflé ce que tout le monde ignorait. Ce qu'elle cachait, sortilège après sortilège, potion après potion. Ce que les gens évitaient du regard, parfois tout en le devinant, parfois en se persuadant que ce n'était qu'une pensée parasite, sans aucune réalité. Cette femme, Camille, l'avait vue – et, avec elle, avait provoqué un mouvement suffisant pour faire tourner quelques regards vers la scène – une inconnue, française, qui se permettait d'agresser les Tchaïviev. Voilà de quoi animer cette soirée. Déjà les murmures s'élevaient, prêts à noter que les Dubois étaient désormais à éviter. Āliyoshka détestait cela. Elle désirait se recroqueviller, se cacher au fond de sa robe bleu nuit aux détails dorés. Quelle honte – la voilà, encore une fois, à amener la honte sur sa famille. Qu'avait-elle fait ? Avait-elle eu l'air trop faible ? Pas assez souriante ? Pas assez heureuse au bras de son mari ? Quoique ce soit, elle le paierait, elle le savait. Ce soir ou une autre fois – elle retint un frisson à cette idée. Cette inconnue ne pensait sans doute pas à mal, mais il y avait des choses que l'on ne disait pas, pas au milieu d'une salle de bal, pas devant des invités, pas quand Vladimir lui tenait le bras et la serrait, plus fort, plus fort encore. Son visage à lui ne laissait rien transparaître – elle, elle gardait toujours le regard bas, n'osant pas lever les yeux pour croiser le regard de cet effrontée. À sa silhouette, elle reconnaissait Camille Dubois, et son frère, Alexandre. Elle connaissait les noms de tous les gens à cette réception. C'était ce qui lui restait, les noms. Ce qu'elle pouvait mémoriser, ce qu'elle devait mémoriser. Si son mari la tenait tant par le bras, c'était pour qu'elle lui souffle ce qu'il ne daignait pas retenir. Déjà, par réflexe, elle s'apprêtait à murmurer, mais déjà, son rire la coupait. Un rire gras, condescendant. Elle détestait son rire. Mais elle préférait ne pas y penser. VLADIMIR · Eh bien, monsieur... Laforêt, c'est cela ? Il serait temps d'apprendre à votre fem... Enfin, votre soeur à se comporter en société, elle est un peu grande pour ce genre de sottises ! Un rire gras, encore, ralliant celui de quelques hommes autour. Évidemment, les rumeurs idiote sur les français faisaient toujours rire. Toujours plus que les accusations de Camille, qui étaient un peu trop dérangeantes en ces beaux lieux dorés. Personne ne souhaitait trop y penser. Et puis, Āliyoshka avait fait une belle famille, un tableau parfait – sur un des mus, d'ailleurs, une peinture les représentait tous. Ils avaient l'air bien trop heureux pour être issus d'un mariage malheureux, disait-on. Certes, elle était timide, mais passé l'adolescence, elle l'avait toujours été. C'était comme ça. Certaines femmes préféraient l'ombre, pensait-on. C'était généralement ce qu'on disait aussi de l'accusatrice soudaine, qui, après des années, ne s'était pas marié, et n'avait pas non plus fait carrière. L'ombre de son frère – il était bien culotté de sa part de venir répandre de telles rumeurs sur une femme qui, au final, avait mieux réussi qu'elle dans la vie. Elle devait être jalouse. C'était toujours comme ça. ĀLIYOSHKA · Vous avez l'air pleines de bonnes intentions, madame Dub... VLADIMIR · Mademoiselle Laforêt... Elle avait parlé, en un murmure effacé, et elle avait été coupé – elle avait à peine réagit à cela. De toute façon, les dires de son mari provoquait les rires. Il savait gérer ce genre de situation. ĀLIYOSHKA · Ma famille est très heureuse, ne vous inquiétez pas. Je suis très heureuse. Vladimir est un très bon mari. Il n'y a pas de soucis à se faire pour moi, vraiment... Puis, montrant du doigt une zone brunie le long de sa main, pas tout à fait cachée mais dissimulée par les longues manches qui tombait sur ses poignets, elle ajouta machinalement, avec un vague rire difficile à interpréter : ĀLIYOSHKA · La blessure que vous voyez... Je me suis juste fait mal en rangeant. Je suis très maladroite, vous savez... Presque théâtralement, les soupirs de soulagement des invités se firent entendre à cette explication. Oui, Āliyoshka était maladroite, tout le monde le savait – combien de récits avait-elle fait de sortilèges ratés, d'accio qui se finissaient en oeil au beurre noir car le livre avait volé trop rapidement, de potions dont l'explosion avait brûlé ses cheveux... Voilà, cette Camille Dubois n'était juste pas au courant de ça. Elle avait mal interprété ce qu'elle voyait. Tout le monde était rassuré, et chacun revenait à sa conversation. Il ne restait plus que Vladimir, Āliyoshka, Camille, Alexandre et Anastasia, qui venait d'arriver baguette en main pour modérer les passions de sa soirée. Les Dubois ne pouvaient pas tout ruiner comme cela. ANASTASIA · Ce sont des malentendus qui arrivent ! Vous les français, votre culture est différente, vous vous trompez parfois sur nos moeurs... Allez, détendez vous, il n'y a dans cette soirée que de la joie ! Venez prendre un verre avec moi, très chère Camille, je suis sûre que nous avons beaucoup à... Mais sa phrase n'était pas terminée que tout d'un coup, un bruit sourd s'abattait au sol, en même temps que la silhouette de son double, la peau pâlie, qui venait de s'écrouler au sol. ANASTASIA · Ce n'est rien, juste l'excès d'émotions ! Ne vous inquiétez pas, elle a toujours été comme cela... VLADIMIR · Voyez ce que vous faites à ma femme, mademoiselle... Et après, c'est moi que vous osez accusez... Je vais m'occuper d'elle, ne vous inquiétez pas. Le mari parfait, murmurait-on, alors qu'il sortait de sa poche une fiole bleutée, se penchant vers la mère de ses nombreux enfants...
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Titre : Re : exile.
Créé : 13/01/2026 à 20:51:15
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Titre : Re : exile.
Créé : 14/01/2026 à 00:04:41 Camille Dubois avait, incontestablement, cassé l'ambiance. Tous les invités s'étaient accordés là dessus, avant qu'Anastasia joue de sa baguette pour effacer ce souvenir gênant de l'esprit de tous, tandis que les paroles de la française tournaient en boucle dans sa tête. Bien sûr qu'elle savait ce que sa soeur subissait, elle n'était pas aveugle. Personne ne l'était. Et elle aimait Āliyoshka, il n'y avait pas de doute à cela ; mais, à l'époque du mariage, avant l'ultime moment sur l'autel où leurs destins seraient scellés, sa soeur lui avait fait promettre que ce sacrifice en valait la peine, que cela lui offrirait la vie dont elle avait toujours rêvé. Et Anastasia avait toujours rêvé de cette vie-là. La puissance, la richesse. Elle avait été éduquée comme cela. Rien ne l'excitait plus que ces réceptions lors desquelles elle était le centre de l'attention, ces discussions dans lesquelles elle s'immisçait, et où un seul mot de sa part suffisait à changer des destinées. Parce que Āli s'était sacrifiée, bon nombre d'autres femmes avaient été sauvées. Et, lorsque la maîtresse de maison avait essayé de changer les choses, voyant sa soeur épuisée par les grossesses qui s'enchaînaient, c'était déjà trop tard. Le mariage avait dévoré Āliyoshka, qui se pensait être tombée amoureuse de son mari au fil du temps ; et surtout, des enfants étaient nés. C'était surtout ça : il était trop tard pour s'échapper, et ça, la troisième oeil dont le don s'était effrité au fil des années l'avait bien compris. Se débarrasser de Vladimir briserait leur image familiale, briserait l'avenir déjà brillant de ses enfants. Elle était devenue martyr de sa famille, et elle l'avait accepté. Car au fond, cet homme, elle avait appris à l'aimer – cela ne pardonnait pas les coups, mais la rendait suffisamment docile pour refuser tout assassinat programmé. Et Anastasia, au fil des années, avait vu sa soeur devenir un fantôme, plus morte que vivante... Et voyant son autre moitié mourir, elle aussi, avait accepté ce sort, s'était endormie, avait fermé les yeux sur la gravité des faits. Elle s'était engluée dans la belle image qu'elle s'était créée. Et aujourd'hui, suite à ce coup de poing, elle regrettait. Mais en même temps... Que pouvait-elle faire ? Son rôle était de protéger la famille, dans son intégralité. Pas de tout ruiner pour préserver sa soeur – Āliyoshka détesterait cela. ◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊ ? · Vous êtes une putain d'hypocrite, voilà ce que vous êtes. Dans le château Dubois, une nouvelle silhouette, silencieuse pendant la réception, était venue rendre visite à celle qui avait ruiné la soirée. Ses cheveux courts, coupés au carré, avait les mêmes reflets éclaircis que ceux de son père, mais son visage ne mentait pas, et surtout pas ses yeux, bruns et animés, bien plus vivants que ceux qu'ils imitaient, et pourtant, reconnaissables dès le premier coup d'oeil – c'était la fille ainée des Tchaïviev, une jeune femme d'une trentaine d'années en costume masculin, agrippant fermement sa baguette face à Camille. ? · Parce que quoi, vous êtes venue vous donner en spectacle, nous faire la leçon ? C'est bien, bravo, tout le monde a vu votre vertu, vous devez être contente. En attendant, vous avez rien changé. C'était une colère apeurée qui sortait de ses lèvres rouges, un flux de parole qui ne s'arrêtait pas, une menace qui ne cesserait jamais si on la laissait continuer. Elle n'avait pas prévu ça. Elle n'avait pas prévu que cette soirée brise le cristal de silence qui entourait sa famille depuis des années, depuis sa naissance, même. Pourtant, elle était grande, elle était adulte. Depuis que sa mère avait perdu son énergie, quelque part entre la naissance des cadets de la famille, elle avait pris le rôle protecteur, avait tout fait pour préserver, autant que possible, l'innocence de ses plus jeunes frères et soeurs. Eux aussi étaient grands maintenant. Grands, et tous désemparés. ? · Vous pensez qu'on est stupides, qu'on a rien remarqué ? Qu'on a grandit chez eux, mais qu'on est capables de fermer les yeux ? Non, bien sûr que non ! Mais il suffit pas de balancer des mots en l'air comme ça pour sauver la situation. Elle retient des larmes dans ses yeux, elle ose à peine penser à sa mère. Elle se souvient des soirées de son adolescence, à errer dans le salon autant que possible, espérant que Vladimir s'endorme avant elle, espérant que son regard de témoin protège un tant soit peu sa mère qui, toujours les lendemains, lui disait que tout allait bien. Tout n'allait pas bien, elle le savait. Mais comment fait-on lorsque l'ennemi porte son sang, lorsque c'est lui que nous voyons dans le reflet du miroir ? Elle se coupait les cheveux, se maquillait, et pourtant, l'arrête de son nez la hantait. Elle était lâche, pensait-elle, tout le temps. Et pourtant, elle n'arrivait pas à être courageuse. Elle n'arrivait pas à sauver sa mère, et ce soir... ? · Vous avez pensé à ce qu'il va lui dire quand elle sera réveillée ? Ce qu'il va faire ? Vous vous êtes vraiment dit que votre petit discours allait changer les choses ? Non, bien sûr que non. Vous n'avez pas pensé une seconde à ma mère, tout ça, c'était pour que vous puissiez briller. Tout ce que vous nous avez donné, c'est une excuse de plus pour qu'il justifie ce qu'il lui fait. À ses yeux, ce sera toujours à faute, à ses... Elle perd le fil de ce qu'elle dit, son regard vagabonde sur ce petit bureau, minuscule, ridicule. Sa mère aussi en a un comme ça. Enfin, en avait un. Maintenant, elle n'y va plus. Elle n'écrit plus. Elle ne lit plus. Elle ne fait plus grand chose, à vrai dire, plus grand chose d'humain. Elle survit – et cela lui prend déjà toute son énergie. ? · Et le pire, vous savez quoi ? C'est la raison pour laquelle je suis là. Avant de partir, il lui avait parlé. Il lui avait donné un ordre, clair. Le genre d'ordre qui dit « Je suis ton père, écoute moi ». Elle n'avait pas eu le choix de venir ou non, elle aussi, au fond, était sous l'emprise de cet homme qui, pourtant, ne l'avait jamais désiré. Il aurait préféré qu'un garçon naisse en premier. Loupé, c'était elle. Et maintenant, elle se retrouvait à accomplir ici et là les missions qu'il lui donnait, à contre coeur. Mais si elle ne le faisait pas, ce serait à une autre de ses soeurs de le faire, ou bien à l'un de ses frères. Au fond, elle comprenait sa mère. Dans cette famille, soit on sacrifiait, soit on brisait ceux qui nous entouraient. Et si sa mère lui avait appris une chose, c'était de se sacrifier. Ce n'était sans doute pas la meilleure des leçons. ? · C'est parce que je suis censée vous tuer. Vous et votre frère. Et vous savez quoi ? Franchement, j'en ai pas envie. Parce qu'on sait tous que c'est vous qui dites la vérité. Alors, elle tendit sa baguette, paume ouverte, à son interlocutrice – un geste qu'elle n'avait jamais fait, un geste dangereux auquel elle aurait dû plus longtemps penser – mais elle n'en avait plus rien à faire. Cela faisait des années qu'elle vivait dans la lâcheté, dans la peur des conséquences. Et Camille Dubois lui avait ouvert les yeux sur l'urgence du danger. Elle n'aiderait pas une seconde de plus son père – car, aujourd'hui plus que jamais, elle comprenait l'amertume dans laquelle vivait sa mère. Et elle l'abhorrait. Rendant ses armes, enfin, elle se présenta : ? · Au fait, je m'appelle Natacha.
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Directrice adjointe Formatrice Bienfaitrice du WHP ![]() ![]() Adulte
PJS de Maelle Winters |
Titre : Re : exile.
Créé : 10/04/2026 à 20:18:50
![]() ![]() C'est Camille Dubois, évidement.
« You break the rules and become a hero. I do it, I become the enemy. »
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Retraité Traître à son sang ![]() ![]() 5e année
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Titre : Re : exile.
Créé : 25/04/2026 à 00:02:32 Désemparée, Natacha rangea son arme dans sa poche. Elle n'aimait pas vraiment cette situation. Elle aurait préféré que cette inconnue lui vole sa baguette, la débarrasse de cet excès de pouvoir que la génétique lui avait mis entre les mains. Elle détestait la magie dans ses veines, sans doute parce que, depuis toujours, elle avait essentiellement vu son père la pratiquer. Sa mère n'utilisait sa baguette qu'occasionnellement, comme si elle avait peur de ce qui pouvait en sortir – et, ainsi, Natacha avait grandit en détestant cet outil. En plus de ses années à Durmstrang, qu'elle avait passées à s'inquiéter des choses qui pouvaient avoir lieu chez elle en son absence, c'était son père qui l'avait formé à se battre. À défaut d'être le fils qu'il désirait, il avait fait en sorte de la transformer en travailleuse docile. Si elle ne portait pas la charge de la transmission du nom, elle porterait celle de son honneur, qu'il fallait bien trop souvent sauver en s'embarquant dans des quêtes meurtrières. Alors oui, Natacha avait tué. Avec honte et dégoût, elle avait fait couler le sang des ennemis de son père, souvent sans savoir le mal qu'ils avaient causés. Parfois, elle avait essayé de les sauver. Elle n'avait jamais réussi à le faire bien longtemps. Si elle ne salissait pas ses mains de sang, son père le faisait à sa suite – et à choisir, elle préférait assurer des morts sans douleur à ses victimes. Si le meurtre ne lui était donc pas inconnu, son sang se glaça face à la froideur de la voix de Camille Dubois, alors que celle-ci lui proposait sans hésitation d'assassiner son père. C'était sans doute la première fois que cette option lui paraissait réelle. Évidemment, dans des moments de rage, l'idée avait fusé dans ses pensées – mais jamais à ce point. Et Natacha peinait à se dire que la proposition était réelle. Faisant un pas en arrière, elle laissa ses doutes défigurer la femme qui lui faisait face. Une française, de l'âge de sa mère. Une fauteuse de troubles qui pourtant avait la réputation de se cacher derrière son frère. La russe ne savait rien de plus qu'elle. Avait-elle envie d'en savoir plus ? NATACHA · Je... Ses mains tremblaient légèrement, tandis que son regard cherchait où se poser, alors qu'il examinait les possibilités qu'elle avait devant elle. Son élan de colère avait, jusque là, fait l'illusion de sa force ; mais, au fond, Natacha n'avait jamais vraiment grandit, et son courage n'était qu'un masques d'illusions. Ses sacrifices ne duraient jamais longtemps, et bien vite, elle redevenait la marionnette qu'avait formée son père. NATACHA · Je ne suis pas capable de faire ça. Et pourtant, le discours était séduisant ; plus jamais de missions, plus jamais de peurs. Un travail bien fait libèrerait sa famille de nombreux poids. Mais encore fallait-il oser faire ce travail, oser commettre le pêché le plus grand. NATACHA · Faites-le, vous. Un tremolo de peur se glissait dans sa voix, alors qu'elle croulait sous les images des possibilités qu'on venait de lui présenter. NATACHA · Moi... Il m'a appris à me battre, il connaît toutes mes faiblesses, tous mes tours... Je vous dirais où il est, je vous dirait comment il se bat. Mais si... Si c'est moi qui... Je ne réussirais pas, je ne peux pas réussir. Il nous tuera tous, il tuera ma mère, il vous tuera vous avant que je ne... Enfin, voyons, est-ce que vous, vous pourriez tuer... Votre père, votre frère, je ne sais pas... C'est... À défaut de chaise, elle s'adossa contre le mur, à la quête d'un soutien qu'elle peinait à trouver dans le regard de cette inconnue. NATACHA · Je suis désolée. Je n'ai pas cette force, je ne suis pas... Je ne peux pas.
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